Mortelle Expérience

public : à partir de 14 ans durée : 1h30

Pièce de théâtre médicale – Genre : réaliste et fantastique
La pluralité des êtres vivants sont soumis à la nécessité inflexible de la mort. (…) Ils s’affaiblissent, dégénèrent et finissent par périr soit d’une mort naturelle, qui n’est que la conclusion de leur déclin, soit d’une mort accidentelle qu’a favorisée la baisse de leur résistance.
Jean Rostand, La vie et ses problèmes

Mort : Arrêt complet et irréversible des fonctions vitales entraînant sa destruction progressive.
Dictionnaire culturel en langue française

Mortelle expérience se passe en 1913, à la veille de la guerre, dans le cabinet du Docteur Arsina, médecin ayant réussi sa carrière et fasciné par les expériences scientifiques, singulièrement post-mortem.
A la suite d’un excellent repas dominical, Arsina, sa fille et son fiancé, lui-même médecin, vont prendre le café en toute décontraction.
Mais l’orage gronde au lointain. La journée sera bien longue…
Inspiré du théâtre du Grand-Guignol, cette pièce s’appuie sur des faits historiques et scientifiques avérés. Jusqu’à un certain point tout de même…
L’humour permet de respirer dans une atmosphère qui va progressivement s’alourdir. Outre la science, il y est traité d’autres thèmes : l’amour filial et la jalousie d’un père, les conventions sociales, la peine de mort…
L’écriture est volontairement travaillée avec un souci de correspondre au milieu médical du début du XXème siècle. Ce sont les débuts de l’institution des premiers secours.
Où l’on verra la survivance des croyances religieuses s’opposant à la pratique de la médecine. En effet, à cette époque, l’autopsie était considérée comme de la vivisection…

Extraits :
MARCEL – La tête a roulé comme un dé et s’est arrêté pile sur le cou. Et là, trois témoins l’ont confirmé, c’est pas une vision de ma part, ses yeux ont bougé et se sont fixés sur moi. Oui messieurs : sur moi. Comme pour m’accuser.
JUSTIN – Ah ça, quelle affaire !
ARSINA – Peut-être que la posture sur le cou a ralenti l’hémorragie.
JUSTIN – Et le cerveau a continué à être irrigué, et à vivre quelques secondes.
ARSINA – Les travaux sur les animaux l’ont démontré, ça arrive dans certaines circonstances exceptionnelles.
(…)
ARSINA – Bref, il fallait faire quelque chose. Le temps passait. Et j’ai utilisé ma machine…
JUSTIN – Celle-là ? Vous avez utilisé votre technique de respiration artificielle électrique fondée sur la stimulation du diaphragme ?
ARSINA – Oui après une trachéotomie.
JUSTIN – En incision ? Et alors ?
ARSINA – Cela a bien excité les mouvements de liquide dans l’organisme, permettant le rétablissement de la circulation.
MARTHA – Ouh là là, y’a trop de mots inconnus pour moi. Vous pouvez dire en français ?
ARSINA – J’ai découpé la poitrine avec un scalpel, j’ai branché ma machine et cela a rétabli le pouls.
MARTHA – Ah bah là c’est plus clair. Mais ça a pas l’air très chrétien… Moi ce qu’j’en dis.

DISTRIBUTION

  • Ecriture, mise en scène et interprétation : Jean-Pierre Weyland assisté d’Elsa Schreiber
  • Avec : Philippe Moyzès, Marie-Pierre et Loïc Rottenfus, Alan Tallec, Marie-Eve Weyland
  • Accessoiriste: Arnaud Destrée
  • Musique, son : Fred Jély
  • Lumière : Cyrille Desenfants
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